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Leader Politique - Foryblan Dash BAKOULA. K

Introspection nationale sur la chimère de l'élection présidentielle au Congo-Brazzaville.

11 Avril 2015 , Rédigé par Son Excéllence Foryblan Dash BAKOULA, Chargé de Mission, Travail, Emploi, Formation professionnelle, dialogue social, entrepeneuriat.

Et si le poison qui mine notre pays de Congo-Brazzaville, c'était son système politique, avec, au centre de tout, l'élection du président de la République au suffrage universel ?

La fonction suprême au Congo-Brazzaville est devenu LE poison de notre jeune démocratie, un poison aux effets rendus plus violents encore par l'exaspération du tribalisme utiliser par ces gens élus à la présidence de la république (lissouba, sassou-nguesso, en sont les exemples parfaits!). Un pays ou l'élection présidentielle ne nous rassemble pas, mais nous désunit, nous divise, investissant un « sauveur » élu sur des promesses inconsidérées, pour ne pas dire mensongères, et se révélant forcément incapable, une fois parvenu à sa tête, d'assumer, seul ou presque, des décisions dont la complexité est à la mesure de celle du monde. Arrêtons d'élire des présidents chez nous !

Il ne serait pas si chimérique de désintoxiquer l'opinion congolaise de cette « drogue pas encore dure » qu'est l'élection du chef suprême au suffrage universel direct. Car les congolais ne votent quasiment pas, voir plus, ils se détournent massivement de cette organisation politique congolaise.

Alors, il serait honnête intellectuellement de convenir avec l'Institut Génération Tangible que les conditions pour cela sont réunies. Les Congolais y aspirent plus que jamais chaque jour un peu plus dans ce pays miné par le tribalisme, préférant la guérison à l'addiction forcée tentée par l'opposition en complicité avec la majorité et la diaspora, car qu'en se le dise une bonne fois pour toute, le temps de cette élection présidentielle chez nous au Congo-Brazzaville, les citoyens ont compris qu'ils ne détenaient aucun un contrôle sur ceux qui les gouvernent, bien au contraire. Car ces derniers critiquent férocement leurs présidents, constatent qu'ils ne délivrent pas assez de résultats, mais tout cela n'a aucun impact réel, et reste du domaine de l'impuissance et de la frustration, en somme, leurs voix, avis, ne comptent pas. Est-ce cela la démocratie à la congolaise ? Est-ce cela aller voter pour avoir au final des présidents in-destituables, faisant ce qu'ils veulent quand et comme bons leurs semblent ? La relation des citoyens congolais avec cette élection est bel et bien morte depuis belle lurette à présent.

Et puis, ce moment qui devrait être un moment intense de la vie collective chez nous a perdu toute dimension forte, au point ou les congolais en sont arrivés à le sous-estimer, voir à le banaliser. Autrefois, c’était un moment où on valorisait le pays. L'extérieur disparaissait. L'élection présidentielle était un moment d'introspection, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui !

L'élection présidentielle au Congo-Brazzaville est joncher de constats accablants et lucides sur la perversité de cette élection reine de notre monarchie républicaine, mis en débat par les congolais et ayant de grandes conséquences pour la suite. Les congolais veulent reprendre la clef aux élites politiques. Alors, plutôt que de poursuivre une chimère, et de continuer de glisser vers l'autoritarisme et la dictature des clans, des ethnies, des tribus, soyons réaliste, abolissons l'élection présidentielle au Congo-Brazzaville et remettons de l'ordre et de l'équilibre dans les pouvoirs et dans nos institutions. Au fond, le principal défaut de cette élection au suffrage universel n'est pas d'exister, mais d'investir un homme de clan, de tribu, d'ethnie, concentrant l'essentiel des pouvoirs, avec des ministres, parlementaires, administrateurs, militaires, tenant leurs légitimité de lui seul et ravalé au rang d'exécutant, de laquais lui devant tout. Or, le pilotage des sociétés est beaucoup plus complexe en ce 21è siècle qu'il y a trente ans. La rapidité de l'information, l'immédiateté des réactions à toute action ne permet plus une gouvernance inspirée d'en haut.

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