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Leader Politique - Foryblan Dash BAKOULA. K

La ruralité congolaise VS L'urbanisation à outrance : un atout pour demain à défendre ensemble

13 Novembre 2019 , Rédigé par Foryblan Dash BAKOULA, Expert en sécurité Intérieur- Politiques de l'Emploi et d'Insertion pro - Marché du Travail & Formation-Handicap et entrepeneuriat.Politiques educatives-Coach

La ruralité congolaise VS L'urbanisation à outrance  : un atout pour demain à défendre ensemble
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La ruralité est-elle archaïque, ou ringarde, à l’heure de la mondialisation et de la métropolisation ? Métropoliser, c’est concentrer la vie économique, certes, mais en même temps l’existence collective humaine en général, dans les grands centres Brazzaville et Pointe-Noire, ou les départementaux périurbains. Pour les urbains, l’alibi de ce que l’on veut imposer comme un progrès de civilisation est… la rentabilité, les soi-disant économies d’échelle. Le formatage des esprits par cette doxa de notre arrogante modernité s’incruste par le moyen des étouffantes nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Résultat des courses : les citoyens de base, déjà massivement illettrés, analphabètes et abêtit volontairement par le régime dictatoriale du clan nordique, sont de plus en plus éloignés de la compréhension de cette complexification de notre vie démocratique et ne croient plus à notre vivre-ensemble. Pic violent du repli tribal depuis 1997. Les grands flux du commerce mondial irriguent ces grandes concentrations humaines que sont les métropoles, abandonnant à la désertification tout le reste du territoire. Si la métropole Pontenegrine assurent  rien qu’à elle seule 2 % de croissance annuelle du PIB congolais, et si d’autre part celle Congo rural stagne, on devine où est le différentiel : c’est dans le vaste espace rural et périphérique qu’il se trouve, plus ou moins en dessous de zéro selon les zones.

Cette course folle à la concentration sur les deux villes et suicidaire. Désertifier le rural pour densifier massivement les villes est une mort lente, mais assurée.

 

A ce jour, nous sommes cinq millions Quatre, d’habitants, en 2019. Derrière le prétexte économique apparaît le fantasme qu’il n’y a plus de civilisation et de modes de vie convenables qu’urbains au Congo-Brazzaville.

Dans le processus inquiétant en cours entériné par les composantes de la dictature de quarante ans et des pseudos opposants congolais, tous bords confondus, on peut craindre qu’une machine folle ne soit à l’œuvre, d’une manière plus occulte que visible, avec des minorités discriminées, et des tribus et régions contournant le fonctionnement démocratique pour se constituer en oligarchies éloignées du peuple. Dès lors, une question de civilisation mérite d’être posée : la société congolaise aurait-elle abdiqué toute volonté de maîtrise de son destin ? Ses idéaux de liberté, d’humanité et de justice sont-ils encore des valeurs fondatrices de notre République et de notre société Bantou et Africaine ? Mais qui n’entend le son de la plainte et le son de la résistance des laissés-pour-compte au fond des bois et des forêts congolaises, des marécages du Nord ?

Ne serait-il pas plus sage de sauvegarder un équilibre des territoires congolais, ses douze départements entre les deux métropoles et le « périphérique », l’hyper-urbain et l’hyper-rural, au nom de la solidarité nationale et de l’intérêt général bien compris ? Il nous faut définitivement comprendre que les territoires ruraux congolais ne sont pas une charge mais un atout pour réussir le redressement et la prospérité du Congo-Brazzaville.

Nos territoires ruraux ont des atouts, charge à nous Leader, de savoir les faire valoir, en tant qu’espaces économiques y compris, à condition sans nul doute que les voies de communication existent pour faciliter les échanges. Lancés des zones économiques regroupant un réseau d’entreprises qui permettront de mutualiser certains des services. Nonobstant, les territoires ruraux congolais ont besoin surtout de conserver leurs identité tout en se modernisant; ils refusent de rester des déserts médicaux, des bastions de l’illettrisme, de l’analphabétisme, de l’agriculture à la Grand-père ou humains tout court. Le chantier est immense et doit être approfondi, en considérant le rural autant que l’urbain.

Bien entendu, l’élément constitutif du monde rural congolais, le monde agricole congolais, a tout à changé, presque de fond en comble. La société congolaise est de moins en moins agraire. La modernisation, l’image de l’agriculteur sur son tracteur, l’agriculture industrielle des firmes, de type capitaliste, seront-elles l’expression d’une ruralité apaisée, sinon heureuse ? Il ne faut pas négliger l'aspect économique. On peut vraiment en douter.

 

Il nous faut partir des demandes de la ruralité pour construire des solutions en prises réelles et directes avec leurs réalités. On ne développera pas le monde rural s'il n'y a pas des femmes et des hommes. Stopper l’exode rural. On ne peut pas imaginer une politique ambitieuse pour le rural si parallèlement on n'a pas une politique ambitieuse pour l'habitat.

Pour que des femmes et hommes vivent sur un territoire, il faut bien qu'il y ait une activité économique. Le rural peut-il vivre sans l'agricole ? Ma réponse est clairement non. Il est vrai que l'agricole ne fait pas ou ne fait plus le rural. Mais il en constitue le socle. Les situations agricoles varient certes selon le type de rural où l'on est. Un territoire de grande culture n'est pas tout à fait la même chose que l'agriculture en marécage comme dans le Nord du pays. Mais on sait la capacité d'invention du monde rural congolais et sa volonté d'aller vers la qualité et vers les logiques de label que nous devons mettre sur pied et valorisés nos produits locaux.

Tout l'intérêt de l'activité économique est bien évidemment la valeur ajoutée. Et je crois qu'il faut que le monde agricole congolais se mécanise, s’automatise et donne envie aux jeunes générations de prendre la relève et donc de rester dans nos départementaux ruraux, comme il ne le fait pas encore aujourd'hui, qu’il aille le plus loin possible à la quête de valeur ajoutée de façon à ce que les produits soient vendus le moins bruts possible et le plus transformé possible. Derrière l'emploi agricole qui, je le redis, est le socle du rural, je crois que la montée en puissance, comme cela doit-être le cas pour le secteur tertiaire, est une chose qui est complètement claire et évidente et il ne faut pas que cela fasse peur. Il faut au contraire s'appuyer sur cette dynamique nouvelle que nous allons mettre sur pied. Aujourd'hui, le tertiaire pèse un peu plus de 1 % des emplois ruraux. N'oublions pas que notre société congolaise, au niveau national, est à 80 % employée avec du service et du tertiaire. C'est-à-dire que l'augmentation de la part du tertiaire est sans doute encore à venir mais je crois que l'économie rurale, en se tertiarisant, peut aussi trouver de nouvelles potentialités.

Construire une politique ambitieuse à vingt ans pour le rural congolais c'est bien évidemment réveiller l'attractivité de nos territoires: nouvelles technologies et téléphonie mobile. Nous lancerons un plan de téléphonie mobile pour que l'ensemble de notre territoire soit couvert, y compris tout particulièrement les zones sans réseaux, comme le sont les agriculteurs Kenyan. Il en est de même pour le haut débit : comment une entreprise, comment un artisan peuvent-ils rester dans le monde rural si parallèlement il ne peut plus dialoguer avec la ville ? Donc il faut là aussi un plan ambitieux en matière de nouvelles technologies et de haut débit.

 

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