Le système absurde touche à sa fin au Congo-Brazzaville
L'absurde est depuis longtemps le quotidien du peuple congolais. Absurde, en effet, la pauvreté, le désespoir et la violence rentrée de sa société en regard de l'incroyable richesse d'un pays - troisième producteur d'hydrocarbures d'Afrique Subsaharienne - fort de centaines de milliards de dollars de réserves de change, tirant 90 % de ses recettes budgétaires des exportations de pétrole et de gaz. Absurde aussi la captation de cette manne par une poignée de dirigeants incompétents quand la majorité des citoyens - et notamment les jeunes qui forment la moitié de la population mais aussi des chômeurs - ne doit se contenter que de miettes chichement calibrées pour maintenir un semblant de paix sociale. Absurde le manque de clairvoyance de cette pseudo élite, incapable de sortir son modèle de gouvernance d'un statu quo mortifère, de préparer l'après-pétrole qui viendra bien un jour, de porter au-delà une croissance qui pourrait être dès aujourd'hui deux fois plus élevée et surtout durable. Absurde, évidemment, le spectacle des pseudos baronnies de « sages » etc, pour la modification et le maintien de sassou-nguesso dénis au pouvoir, où un candidat sortant, dont sa propre constitution lui interdit de se représenter, tente de la modifier rapidement pour se représenter, sentent que la piste de son fils et d’un de ses proches mettrais le pays à feu et à sang, car plus incompétents encore que lui-même, et manifestement incapable de tenir les fonctions qu’ils leurs a donnés vu les casseroles et les scandales qui les précèdent, illustrant ainsi la guerre des clans qui, au sommet, paralyse toute désignation d'un successeur crédible. Alors, ne voulons pas laisser le pouvoir, car la est leur seule stratégie. Nous pouvons donc ainsi résumer dans une formule cinglante la situation de notre pays aujourd’hui : c'est la « malédiction des matières premières sous l’ère sassou », ce phénomène bien connu d'une richesse donnée qui justifie tous les conservatismes et rend très difficile toute tentative de modernisation. Voici des années que le Congo se noie dans ce paradoxe depuis l’avènement de sassou I et sassou II aujourd’hui. Et chacun sait ce n'est pas lui qui sortira ce peuple et ce pays de sa malédiction. D’autant plus que c’est lui et sa bande qui la crée et la conforte.
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