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Leader Politique - Foryblan Dash BAKOULA. K

Il nous faut inventer l'entreprise congolaise à quatre dimensions !

13 Juin 2013 , Rédigé par Son Excéllence Foryblan Dash BAKOULA, Chargé de Mission, Travail, Emploi, Formation professionnelle, dialogue social, entrepeneuriat.

A l’approche de la sortie de la « torpeur congolaise » en juillet 2016, les Technocrates du Think Tank Génération Tangible, dont les sujets sur l’économie, la formation professionnelle et initiale, le travail et l’emploi puis l’entrepreneuriat, reviennent sur les nouveaux défis humains que les « PME du Congo Nouveau de Demain » devront relever pour assurer leur futur, et l'avenir économique du Congo. Des défis qui ne sauraient se passer de la prise de conscience des décideurs politiques que nous sommes...

Dans nos précédents travaux publiés, nous avons soumis parmi nos différentes propositions, les « Assises de l'entrepreneuriat dans le Nouveau Congo de Demain de l’Après Sassou-Nguesso » qui montreront la vivacité de l'esprit d'entreprise des congolais, tant sous-estimé souvent par rapport aux étrangers qui entreprennent au Congo. Pour sortir du chômage endémique que nous connaissons au Congo, tout le monde compte sur les PME qui, malheureusement, ne doivent compter que sur elles-mêmes. Dans ce contexte, on continue de parler de l'envie d'entreprendre et, paradoxalement, on a tendance à oublier de « projeter l'entreprise » et d'en garantir les financements.

Les entreprises congolaises d’aujourd’hui n'ont plus le temps pour l'humain

Trop souvent encore au Congo on pense l'entreprise de manière institutionnelle, administrative et conformiste. Pour preuve, l’échec du Guichet Unique des entreprises et tous son corridors de structures qui, à l’origine, devait permettre de facilité la création la d’entreprise, l’octroi de financement. L'entreprise, telle que conçue aujourd'hui au Congo, mérite autre chose que de l'immobilisme. Elle se trouve devant trois défis humains : le départ à la retraite des baby-boomers, la maturité de la génération Y ou « immigré à l’étranger » et l'arrivée de la génération Z ou 2.0. L'entreprise doit aussi faire face à sa propre mutation, du col bleu au col blanc et maintenant au costume sans cravate. Jamais les paris n'ont été aussi nombreux et simultanés. Les congolais doivent comprendre que l'entreprise n'est pas une abstraction, elle est une aventure humaine, un métier, des hommes, des femmes et une relation avec un territoire. Il y a quelques années, on pouvait encore prendre son temps. Désormais, même dans les TPE-PME, le temps nous prend et à défaut d'anticiper l'entreprise, les valeurs humaines que nous défendons et qu'elles portent disparaitront. Il suffit de regarder ce qui se passe autour de nous.

Aujourd’hui au Congo, dans le tissu des entreprises actuelles, il y a d'abord l'entreprise qui fabrique et (ou) qui vend, les pieds dans le présent. C'est l'entreprise deux dimensions. Leaders, voire pionniers en leur temps, ces entreprises enfermées dans le présent ont manqué internet, le mobile, la proximité, le drive. On pense à MTN, PANALPINA, TOTAL, CFCO, SDV, CORAF, ENI CONGO, ECOBANK et TAC. Les uns et les autres produisent des efforts considérables pour revenir dans une course qui n'a plus de prix. Il y a ensuite l'entreprise qui assume son présent et avance un pied dans le futur proche. C'est l'entreprise trois dimensions. Elle développe un écosystème. Ces entreprises créent parfois un marché futur et ont la capacité de réagir rapidement si elles prennent du retard. Les regards se tournent vers WARID, ZAIN et CASINO. Communication, médiatisation et effets d'annonces compris. Enfin, il y a l'entreprise quatre dimensions qui assure le présent et prépare le futur. Challengers dans leurs domaines, ces entreprises ont la tête dans le futur et testent sans cesse des produits nouveaux sans craindre la rupture ni l'échec. Tout comme CHALLENGE FUTURA au Congo et GOOGLE pour l’exemple, elles créent des marchés dont elles deviennent leaders.

Les entreprises du Congo ne doivent pas craindre le défi de la formation

La mutation économique que nous vivons, et que nous vivrons, pousse à ce schéma. Et « l'auto formation » des nouvelles générations Y et Z ira et va dans ce sens. Oui, « auto formation » puisqu'avec la rapidité des nouveaux outils du quotidien, la formation, stricto sensu, n'a plus le temps d'exister. Et cette nouvelle génération impatiente et idéalisante a bien raison. L'entreprise peut-elle, pourra telle réagir ? Elle le doit ! Aujourd'hui, les meilleurs enseignements passent par une dose d'opérativité c'est-à-dire des stages ou de l'alternance. Sur le terrain de l'entreprise, au cœur des métiers, là où se forment justement les compétences.

Et les PME du « Nouveau Congo de Demain » n'ont pas à craindre ce défi. Elles le vivront au quotidien. Ce sera même leur marque de fabrique. L'idéal est donc d'aider à construire, demain, les PME pour les faire passer à un autre plan. Une entreprise qui travaille, au-delà de sa marque, par son identité employeur et, au-delà de sa communication, par ses valeurs humaines mises en œuvre au service de la performance économique.

Le contrat social va changer

Sur le papier tout parait simple aujourd’hui au Congo, encore faudrait-il accepter de faire sauter l’ensemble des verrous. Ceux d'un académisme traditionnel, administratif, normatif, en panne et anachronique et d'une sous-valorisation de l'entrepreneuriat moyen. Et il faudra s'y mettre sans a priori. Dans quelques années 35% de l'économie congolaise va tourner en économie latérale, collaborative, participative. Ces entreprises répondront à une attente et feront écho à la génération Y ou 2.0 par la valeur de l'échange, la reconnaissance mutuelle et cela au-delà des codes convenus, code du travail et codes sociaux compris. Et l'épanouissement de l'individu congolais sera dans sa reconnaissance immédiate pas dans la revendication permanente. Le contrat social va changer. C'est ce modèle d'entreprise, dans le « Nouveau Congo de Demain » ou à l'international, qui captera les énergies et les talents des congolais au Congo et celle set ceux à l’étranger.

Plus encore, il faudra que les nouveaux DRH du « Nouveau Congo de l’ère Après Sassou » puissent accompagner les collaborateurs congolais en changeant radicalement le style de management qui permettra à terme de créer de nouvelles opportunités de gestion participative, de redessiner les process de décisions pour mieux impliquer les congolais au travail. Toute l'organisation peut évoluer autour de ce management nouveau. L'organisation devra se décloisonner pour sortir de l'hermétisme des départements qui la compose, se décentralisée pour permettre une prise de décisions au plus proche des collaborateurs et de leur environnement direct.

Ce faisant, les DRH du « Congo Nouveau de Demain » conscient de la fragilité des collaborateurs et du cadre institutionnel auront le pouvoir de signer la fin de l'entreprise pyramidale. En faisant accepter ce concept d’un mode de management nouveau sur la fragilité au sein des organisations, ils consacreront l'ère prochaine de « l'entreprise-réseau » : une organisation infiniment plus agile et modulable dans laquelle les collaborateurs congolais ne travailleront plus seuls sur des objectifs de performance individuelle mais ensemble, selon les forces et fragilités de chacun, pour la réussite de projets qu'ils mèneront collectivement en décuplant leurs synergies. Cet idéal émerge ailleurs comme le modèle de ce début de siècle. Il appartient désormais aux DRH du « Nouveau Congo de l’ère Après Sassou » de rénover leurs matrices organisationnelles pour renforcer la compétitivité sans jamais sacrifier l'humain.


Alors ne nous trompons pas d'enjeux, le chômage actuel des congolais n'est pas le fait d'un capitalisme obscur ou aveugle. Il est d'abord structurel et de compétence. Et les meilleurs sont partagés entre les modèles anciens sous perfusions et un modèle d'entreprise ouverte, sans hiérarchie préétablie. Ce qui ne veut pas dire sans direction ni sans responsabilités. Pour réussir, cette mutation doit passer d'abord par les esprits, ceux des décideurs politiques que nous sommes, des entrepreneurs éthiques de demain et aussi des salariés congolais, puis par toutes les étapes de notre parcours professionnel y compris, bien entendu, l'école de la République qui est d’abord à refonder. Et bannir les sapeurs.

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