Le Congo de Dénis Sassou-Nguesso en somme : une économie rentière et léthargique.
Au moment où l'on spécule sur, l’installation possible d’une succession monarchique (oncle, fils ou neveux) à la tête du Congo avec l’appui de généraux véreux et d’une armée essentiellement composées d’éléments pro-pouvoir, sur la santé de Dénis Sassou-Nguesso, et sur sa candidature incertaine suite à la « possible modification de sa constitution » en juillet 2016, dans quel état se trouve le Congo ?
Le prêt consenti à la République Centrafricaine de près de 25 Milliards de FCFA pour « une transition apaisée » soi-disant.., pourrait laisser croire que le pays se porte plus que bien financièrement, surtout si nous rajoutant le taux de croissance du pays. Mais, quand on s’y plonge scrupuleusement on réalise que la situation économique du pays est loin d'être aussi rassurante que le mirobolant excédent de devises pourrait le laisser penser...
Ce qui est certain, c’est qu’avec les transformations majeurs du monde que nous voyant tous les jours, plus rien n’est et ne doit-être tabous. Tout doit être dit et mis sur la table pour créer les conditions d’une amélioration substantielles des conditions de vies des congolais (surplace ou ceux à l’étranger) et préparer les alternatives à la gouvernance Sassou.
Pour être tous sur la même longueur d’onde, il est bon que chacun maîtrise le contexte, en rappelant les paramètres majeurs de l'économie congolaise : La République du Congo est un pays producteur de pétrole, une ressource qui contribue à plus de 80% aux recettes de l'Etat. Mais plus de 50% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, et l'accès à l'eau et à l'électricité est encore difficile.
Le Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (Unicef) indique que 26% des enfants congolais de moins de 5 ans sont atteints de malnutrition chronique. Selon les statistiques officielles, le pays a enregistré un taux de chômage de 34,2% en 2011, touchant de plein fouet la tranche des 25-35 ans, alors que les jeunes représentent 60% des 4 millions de Congolais.
Pourtant, le Congo dispute au Gabon la quatrième place de producteur du pétrole au sud du Sahara, avec une production estimée à 105 millions de barils en 2011 (en baisse de 4% sur un an, selon le gouvernement). Le groupe français Total, installé depuis 1968 au Congo, assure officiellement près de 60% de la production nationale. L'Italien Eni et les américains Exxon Mobil et Chevron Texaco sont aussi présents.
Des ONG dénoncent régulièrement le manque de transparence dans la gestion des revenus pétroliers. En février 2012, la Coalition congolaise «Publiez ce que vous payez» (PWYP Congo), une ONG luttant contre la corruption, a jugé «incompréhensible» des écarts relevés entre les revenus pétroliers déclarés par le Congo au Fonds monétaire international (FMI) en 2010 et ceux de l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE).
Les recettes déclarées au FMI se chiffraient plus de 2,6 milliards d'euros alors que l'ITIE trouvait quelque 2,3 mds, soit un écart de près plus de 310 millions d'euros «pour lequel le gouvernement devrait fournir des explications», avait relevé l'ONG.
Dans un rapport intitulé «Congo Brazzaville : le pétrole ne coule pas pour les pauvres», le Secours catholique congolais demandait en 2011 au gouvernement de «garantir une réelle transparence budgétaire par le vote d'une loi au Parlement sur la gestion des revenus pétroliers, prévoyant notamment leur affectation aux besoins sociaux prioritaires».
Le Congo est passé du statut de Pays moins avancé (PMA) dans les années 80 à celui de Pays pauvre très endetté (PPTE) et a bénéficié en 2010 de l'effacement auprès des créanciers d'une importante partie de sa dette, estimée en 2004 à 9 milliards de dollars par la Banque mondiale.
La production a été de l'ordre de 269 300 barils par jour en 2012, dont la plus grande partie est assurée par des sociétés étrangères en partenariat avec la Société Nationale des Pétroles du Congo (SNPC). Alors qu’en 1980 nous n’étions qu’à... : 65 000 Barils/jour !
L’exploitation forestière contribue également, mais de façon beaucoup plus modeste, à la croissance économique. Les secteurs minier (cuivre, fer, potasse, or) et de la pêche sont aujourd’hui en plein essor. Le secteur agricole ne représente que 3% de la richesse créée dans le pays et le secteur industriel (hors pétrole) à peine 5%. La majorité de cette production est de plus destinée au marché national. Le secteur des services (banque, téléphonie, gestion) constitue le deuxième pilier de l’économie mais il est fragilisé par sa dépendance à l’activité pétrolière.
Ce potentiel économique très élevé reste cependant insuffisamment mis en valeur en raison de la réserve relative des investisseurs au regard de la qualité du climat des affaires.
En somme : 98 % des exportations du pays sont issues des seuls hydrocarbures ; ceux-ci ont généré quelque 2,3 milliards de dollars soit 310 millions d’euros de recettes en devises entre 2000 et 2012, selon les bilans du FMI et de la Banque Mondiale.
Cette manne ne permet pas encore au Congo, sous le règne de Sassou-Nguesso, d'éteindre ses dettes depuis plusieurs années. Alors que, de budget en budget, le pays dispose de réserves de change considérables, couvrant dix années d'importations : près de 200 milliards de dollars selon le FMI. Ce « trésor », auquel il faut ajouter les tonnes de bois, est d'autant plus considérable que le PIB congolais reste modeste - à 1334 milliards de dollars en 2010 selon la Banque Mondiale et le FMI, dont plus de 50-55 % générés par les hydrocarbures - pour un pays de 4 millions d'habitants au 1er janvier 2013, selon l'estimation.
Le Congo est classé par la Banque Mondiale comme un pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure (PRITI) et producteur de pétrole. Le PIB réel/habitant en 2010 s’élevait à 1 334 $, la moyenne en Afrique subsaharienne s’établissant à 694 $. La croissance du PIB réel du Congo devrait atteindre 5.1 % en 2013 et 5.3 % en 2014 contre 4.9 % en 2012.
La réalisation de ces taux de croissance nécessite néanmoins l’accélération du rythme des réformes et une gestion correcte des risques liés à la détérioration des perspectives de l’économie mondiale, notamment la baisse de la demande et des cours mondiaux de pétrole.
Cette menace met en évidence la fragilité de l’économie congolaise et la nécessité d’une diversification grâce au développement du secteur privé non pétrolier. Le PIB réel par habitant est relativement élevé pour la zone (1 334 $ en 2010 au Congo contre une moyenne de 694 $ en Afrique subsaharienne) mais ne rend pas compte d’une forte disparité dans la répartition des revenus et des inégalités économiques (en 2012, plus de 50% de la population vit sous le seuil national de pauvreté, le taux de chômage estimé atteint 60%).
Côté importations aussi, le Congo se trouve dans une situation rare : 120 % des besoins des ménages et des entreprises sont satisfaits par des achats à l'étranger. C'est dire que l'on ne produit pas grand-chose sinon rien dans le pays.
Il nous faut donc bien considérer que le Congo vit dans une économie de rente. Que se passera-t-il lorsque la rente diminuera, ou s'éteindra quasiment, au rythme de la baisse prévisible des devises issues des hydrocarbures, du fait de leur épuisement et de leur remplacement progressif par d'autres sources d'énergie ? Les équilibres macrofinanciers actuels sont éphémères sans de profondes réformes institutionnelles et microéconomiques.
Eux, ont vu les « Zones Economiques Spéciales » (ZES), nous, nous disons que c’est un leurre, car ils n’en maitrises pas les tenants et les aboutissants et quand on s’y penche vraiment sur les retours des pays l’ayant déjà mis à profit, comme Singapour, la Chine, l’on se rend bien compte que ce n’est pas LA solution idéale pour permettre un essor économique durable : nous l’avons déjà dit ici dans un article.
L'inflation en hausse et les investissements directs étrangers (IDE) en baisse sont deux autres points d'inquiétude. D’où les appels du pied tous azimuts au MEDEF…. Favorisée elle aussi par la rente pétrolière, l'inflation a bondi à 5,1 % en 2012- et même 35 % pour les produits de première nécessité, avec un revenu par tête de 2300 USD « apparemment »... Mais encore faut-il considérer que le taux officiel d'inflation est contenu par des subventions généralisées. C'est encore un produit du cancer de la rente des hydrocarbures !
Toute l’économie du pays est entre les mains des étrangers (Libanais, ouest-africains et autres).
Un climat des affaires toujours plus dégradé
La dégradation du climat des affaires au Congo s'est donc encore accentuée ces dernières années, ainsi que le constate le rapport « Doing Business 2013 de la Banque mondiale» (qui permet de mesurer la réglementation des affaires dans les pays), qui entre pays d’Afrique sub-sahariennes classe la République du Congo sous l’ère Sassou-Nguesso à la 44e position sur 46 pays pour les facilités accordées à l'investissement, et en 183e position sur185 pays au niveau mondial.
L'examen dans le détail de ce classement sur la qualité de l'environnement entrepreneurial dans le monde est tout aussi accablant : la République du Congo sous l’ère Sassou-Nguesso arrive en 158e position pour la protection des investisseurs, à la 180e pour le lancement d'une entreprise, à la 104e place pour l'obtention d'un crédit, au 149e rang pour l'obtention d'un permis de construire, à la 181e place pour les procédures de facilitation d'exportation accordées aux PME, en 162e position en matière d'application des contrats, à la 182e place pour les procédures de paiement des impôts...
Des taux de chômage et de croissance qui posent question
Par ailleurs, le taux officiel de chômage, 35 % en 2010 - relativement modeste au regard des autres pays d’Afrique sub-sahariennes, mais aussi du Gabon et du Cameroun, toutes deux autour de 45 % au T1 2013 (1er trimestre 2013)-, met surtout en exergue la faible crédibilité de certaines statistiques congolaises. D’autant plus qu’en 2012-2013 nous n’avons aucunes statistiques sur le taux de chômage des congolais (qui devrait osciller autour de 60-70% des 18-35 ans).
Et nous ne parlons même pas de l’Angola…ou tout « roule » ! Car en République Centrafricaine et en RDC c’est catastrophique.
Cela s’explique d'une part, parce que, le secteur informel représente au Congo de l’ère Sassou-Nguesso autour de 50 % de l'activité économique du pays. D'autre part, parce que ces statistiques incluent des emplois fictifs - comme faire et refaire les mêmes ouvrages des Grands Travaux... - ou faiblement productifs, d'ailleurs de plus en plus nombreux dans l'administration congolaise, où l'on approche des 2 millions de fonctionnaire, le plus souvent en mise en disponibilité et planquer à l’étranger sans contrôles aucuns et percevant leurs salaires sans crainte, pour une population active totale non-estimée.
Reste la question du taux de croissance. À 5,1 % en 2013 pour atteindre 5,3% en 2014, il pourrait faire rêver bien des pays européens. En fait, il est dérisoire d’après nombres d’économiste (pour exemple Monsieur Tsengué Tsengué économiste de talent et de terrain-fondateur de la PMI Challenge Futura). Avec les quelque 500 milliards de dollars de dépense publique prévue entre 2004 et 2013, selon les comptes rendus de plusieurs conseils des ministres, le taux aurait dû s'élever à 10-15 %. Cela montre qu'il existe un divorce entre la bonne santé financière de l'État, due aux hydrocarbures, et la sphère réelle de l'économie, en léthargie.
La politique budgétaire de l’Etat congolais est guidée par le maintien de la stabilité macroéconomique et l’atteinte des objectifs de la Stratégie de Réduction de la Pauvreté(SRP). Les risques inhérents à la loi de finances rectificative pour 2012 se sont avérés conséquent. Les dépenses d’investissements devraient bénéficiés en priorité à la construction de logements et aux secteurs de l’éducation et de la santé. Or dans les faits, il n’y a rien de tangible.
Un manque patent de transparence
À ce propos, comment ne pas relever que la Direction générale des Grands Travaux (DGGT) du ministère à la présidence de la République chargé de l'Aménagement du territoire et de la Délégation générale aux grands travaux représenté par son ministre, ait pu faire évaporer près de 300 millions de FCFA qui furent destinés à la construction des casernes hors de la ville de Brazzaville aux fins d’accueillir les explosifs et autres éléments du genre ? Le 4 mars 2012 – le président Dénis Sassou-Nguesso s’étonnant personnellement à ce sujet... Nous sommes, ici encore, devant un manque patent de transparence, à l'instar de ce qui se passe dans la gestion des réserves de pétroles et des revenus issu de sa vente.
Les contre-performances des banques et des TIC
Autre indicateur négatif, attestant de la difficulté du pays à épouser son époque moderne et transparente : le Congo est toujours à la traîne pour le développement des TIC. Les techniques de déploiements de la Fibre Optique ne sont pas maîtrisés, et permettent ainsi à Thierry Moungala et sa bande de pouvoir s’en mettre pleins les poches. Moins d’un foyer sur deux est équipé en ordinateurs, écran tactile, Smartphones, tablettes.
Pour preuve, nous ne figurons même pas dans le classement mondial établi par le World Economic Forum. En 2013, et même dans les années antérieures, le Congo n’y figure pas. L'indice "Networked Readiness Index", qui a permis au World Economic Forum d'établir son classement, évalue l'impact des TIC sur l'économie et la compétitivité de 144 pays.
Selon cet indice, le Congo n’y figure pas ! Confirmons l’absence de l'usage individuel des TIC, confirmons l’absence de leur utilisation dans les affaires, et le Congo ne figure même pas dans le tableau sur les 144 pays présent pour la mise en œuvre des TIC dans la sphère institutionnelle et gouvernementale. Tandis que l’on retrouve des pays ou les populations, dans ce domaine, sont en phase avec leur époque : le Gabon, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Bénin, le Tchad, le Burkina, le Ghana.
Pour compléter ce tableau de contre-performances, il faut encore évoquer l'archaïsme notoire du système bancaire congolais : sous d’autres cieux 90 % du financement de l'économie, dont 77 % du secteur public et plus de 100 % du secteur privé, se fait par les banques publiques.
Au Congo les financements bancaires à long terme sont généralement inaccessibles pour les PME, faute de garantie, mais aussi et surtout pour les particuliers et pourtant les banques publiques croulent sous les liquidités oisives. C'est une des conséquences de la règle du « Noms et de la relation au pouvoir actuel, aux barons locaux», qui les place en situation de monopole.
Malgré l’augmentation du nombre de banques de quatre en 2007 à neuf en 2012 et le potentiel de financement important de l’économie, l’intermédiation est faible . Le secteur de la microfinance ne connaît pas encore d’important essor.
Le pourcentage de la population détenant un compte bancaire ne dépasse pas 5%.
Il est dominé parle principal réseau constitué par les Mutuelles congolaises d’épargne et de crédit (Mucodec), qui comptent plus d’une quarantaine de caisses et plus de 250 000 adhérents avec un volume de dépôts de 95 milliards de FCFA, soit environ 90% du total des institutions des microfinances.
Le secteur des assurances est encore relativement limité avec un principal acteur : l’ARC (Assurances et Réassurances du Congo). Cette faible visibilité explique la difficulté de l’accès aux services financiers, obstacles particulièrement sévères pour les PME, dont seules 17% disposent de prêts ou d’une ligne de crédit.
De fait, 50 à 70 % de la masse monétaire est en circulation hors des banques, voire plus si l'on inclut les transactions en nature pour 65 % des marchés de première nécessité : fruits et légumes, poisson et viande, manioc, foufou, riz, textile et cuir. Selon des données des douanes congolaises, 75 % des transactions commerciales en 2012 se sont faites en cash. Il ne s'agit pas de corruption, bien évidemment, mais l'informel est un terrain fertile pour son développement.
Piètre gouvernance et corruption socialisée
Pour autant, l'ampleur de la corruption, y compris aux plus hauts niveaux de l'État, est désormais connue et reconnue de tous.
Les congolais savent toutes et tous que c'est le mode de gouvernance « épicière » qui, par la distribution massive de la rente et la corruption socialisée, a anesthésié la majorité de la population active. Il en résulte une forte crise de confiance entre l'État et les citoyens, et cela ne peut que conduire le pays au suicide collectif. A cela, il faut rajouter les fanatiques, les affamés qui dépendent de ce régime et de ces gens.
Face à ce manque de visibilité et de cohérence dans la politique socio-économique actuelle du Congo sous l’ère Sassou-Nguesso, qui a montré ses limites en dépensant sans compter, nous mettons au défis les supporters du fils, du neveux, de l’oncle, des filles, à nous faire la démonstration contraire avec des cas précis concrets et des données chiffrées et pas des paroles de supporters, que eux, qui participent à cette gabegie en première ligne, valent mieux.
Dernière illustration de cette piètre gouvernance, voire de la « hogra » (mépris) des gouvernants actuels du Congo dont les citoyens se plaignent en permanence : début septembre 2012, les parlementaires congolais (avec l’accord de Sassou-Nguesso) auraient décidé d'augmenter leurs indemnités - déjà équivalentes à 40 fois le Smig congolais - de 5 fois la valeur de celui-ci, qui se situe entre 10 000 FCFA et 52 000 FCFA, selon que l'on se réfère au cours officiel des devises ou à celui du marché parallèle. Un véritable scandale moral vu la misère des populations et la piètre qualité de ces représentants « dits » du peuple congolais et aussi à l’absence de travaux concrets qui sont les leurs.
Alors oui cher(e)s compatriotes, le slogan tant martelé aujourd’hui au Congo n’est qu’un mirage, il ne sera jamais réalité…selon que le Congo serait un pays émergent d’ici à 2025. Car, comme nous le voyons ici, les conditions ne sont pas réunies politiquement, économiquement, juridiquement, socialement, éducativement, sanitairement, etc, etc.
Alors, rêver c’est bien, mais vivre c’est rêve c’est encore mieux…D’où notre appel à préparer l’alternance car la tâche au Congo s’annonce immense, le parcours semée d’embûches.
Nous ne produisons rien, n’avons aucuns savoir – savoir-faire – savoir être – zéro outils pour subvenir nous-mêmes à nos besoins, à notre demande.
Pourquoi vouloir « mettre la charrue avant les bœufs »… ?!
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