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Leader Politique - Foryblan Dash BAKOULA. K

La réduction de la « nouvelle » dette du Congo envers les pays d’Asie, priorité numéro 2 au Congo

2 Mai 2013 , Rédigé par Son Excéllence Foryblan Dash BAKOULA, Chargé de Mission, Travail, Emploi, Formation professionnelle, dialogue social, entrepeneuriat.

Dénis Sassou-Nguesso est entrain de ré-endetter le Congo envers les pays d’Asie, principalement la Chine. Sa méthode est très simple : faire appliquer son « pseudo programme Chemin d’Avenir et Nouvelle Espérance » avec de l’argent public Chinois d’abord, mais aussi du Brésil, Singapour, Russie, Turquie, et j’en passe.

Gageons des cargaisons de pétrole à tout va pour le fonctionnement de son pays et de la mise en place de sa politique.

Mais, doit-en s’endetter pour faire fonctionner son pays... ? Où, doit-en s’endetter pour financer l’avenir, préparer l’avenir… ?

Saisissez-vous du débat dans vos sphères !

Le Think tank Génération Tangible va apporter sa vision pour sortir de cette torpeur dans laquelle ces personnes nous plongent, car pour nous, le meilleur au Congo reste à venir…

La thématique de la réduction de la « nouvelle » dette publique congolaise envers les pays asiatiques a pris dans le débat public congolais une ampleur considérable. Il n’est plus interdit de penser qu’il s’agit de l’un des grands thèmes de discussion dans les milieux congolais sains, ce qui constitue un fait exceptionnel compte tenu de la technicité du sujet.

L’opinion publique congolaise est devenue particulièrement sensible à ce sujet. En effet, les débats sur la « nouvelle » dette publique congolaise en vers les pays d’Asie sont anxiogènes, et ce pour plusieurs raisons :

– ils font appel à un vocabulaire riche et souvent mal maîtrisé par la plus grande partie de la population.

– les grandeurs en jeu sont considérables et donc abstraites.

– les ménages congolais ont le sentiment que le poids de cette « nouvelle » dette implique un alourdissement à venir des prélèvements obligatoires (taxes, impôts), ce qui accentue la baisse du pouvoir d’achat des congolais.

– les débats sur cette « nouvelle » dette glissent souvent vers des discussions autour de la retraite des congolais et de la maladie, sujets qui ont une résonance forte dans le quotidien des Congolais.

– enfin, les Congolais ont de plus en plus le sentiment de léguer à leurs enfants une charge qui pourrait obérer leur niveau de vie. Ce sentiment participe à celui, plus large, selon lequel les jeunes générations vivront dans des conditions matérielles moins favorables que celles des précédentes.

Ces inquiétudes ne signifient pas qu’il faudrait ouvrir un « grand débat » sur la réduction de la « nouvelle » dette publique congolaise envers les pays d’Asie. Le sujet de l’endettement public est sans doute trop technique pour cela. Cela signifie en revanche que les « futurs » responsables de la politique économique du Nouveau Congo devront agir en temps voulu avec énergie et résolution.

AGIR AVEC SANG-FROID ET DÉTERMINATION

Le sang-froid consiste à considérer que le problème de la « nouvelle » dette publique envers les pays d’Asie ne se pose pas dans l’immédiat. La sagesse consiste à rappeler que, à un horizon pas forcément si long, le risque d’une crise grave existe, et qu’il convient, dès que cela deviendra possible, de prendre sans hésitation des mesures qui permettront de l’éviter.

Les gouvernements du « Congo Nouveau » devront mettre en place une stratégie de rétablissement des comptes publics sans précédent. Cela dérangera des corporatismes, et certains y verrons peut-être une attaque contre certains particularismes congolais. Il faudra passer outre. Car l’enjeu est tout simplement d’éviter la dislocation de l’économie congolaise, déjà moribonde, et donc de la société congolaise.

Une dette publique excessivement lourde crée trois types de problèmes, par ordre croissant de gravité.

Une perte de capacité d’action de la politique économique. C’est déjà largement le cas pour le Congo de sassou-nguesso à ce jour.

Le poids pris par le remboursement de la dette d’un pays comme le Congo et celui des intérêts empêchent un gouvernement, quelle que soit sa couleur politique, d’adopter des mesures interventionnistes (relance keynésienne, augmentation des minima sociaux, création de revenus de transfert – retraites, indemnités chômage, allocations, pensions, etc. –, financement public de l’école et de la recherche…).

En effet, arithmétiquement, l’endettement public rapporté au PIB devient explosif quand le taux d’intérêt dépasse le taux de croissance du PIB en valeur (c’est-à-dire augmenté de l’inflation) d’où arrivent des situations de faillites souveraines.

Ce qui aggrave le problème de la soutenabilité des finances publiques. Un véritable effet boule de neige se met en place. Il faut bien entendu absolument éviter de se mettre dans cette situation, qui exigerait des sacrifices considérables pour assurer la solvabilité de l’État congolais (augmentation immédiate de plusieurs points de la TVA, suppression d’un grand nombre d’aides aux entreprises, gel des salaires des fonctionnaires, gel de tous les minima sociaux, gel des retraites, diminution de la prise en charge de la maladie…).

Le rééchelonnement de dette ou la faillite, qui traduirait l’incapacité pour l’État congolais de faire face à ses engagements. Il s’agit d’une situation relativement rare mais pas théorique. Dans le contexte actuel, il est bon de rappeler que, au xxe siècle, les épisodes de faillites souveraines ou de rééchelonnements de la dette ont eu lieu, pour la plupart, à la suite de crises mondiales (grande dépression des années 1930 et crise de la dette des pays émergents des années 1980 et 1990). En effet, arithmétiquement, l’endettement public rapporté au PIB devient explosif quand le taux d’intérêt dépasse le taux de croissance du PIB en valeur.

Un peu partout dans le monde, de nombreux pays ont, ces dernières années, réussi à réduire leur endettement public. Parmi ces pays, on trouve des pays anglo-saxons (États-Unis, Canada, Irlande…), des pays scandinaves (Danemark, Finlande, Suède…), des pays d’Europe continentale (Belgique, Autriche, Pays-Bas…) ou des pays méditerranéens (Italie, Espagne, Grèce…). A priori, la réduction de la dette publique a donc peu à voir avec des raisons culturelles.

Cette « fenêtre » nous laisse espérer que l’après sassou sera forcément meilleur, et que nous pourrions très rapidement sortir de cette spirale dans laquelle ils nous entrainent.

Décomposition de la source de cette réduction de l’endettement public : croissance économique, inflation, variation des prélèvements obligatoires (impôts et taxes), évolution des dépenses publiques.

  1. Les pays qui réduisent leur dette publique l’ont fait grâce à une croissance économique assez forte.

  1. Aucun des pays étudiés n’a « noyé » sa dette dans l’inflation.

  1. Plus de la moitié des pays étudiés ont réussi à réduire leur endettement public tout en diminuant le poids des prélèvements obligatoires (impôts et taxes).
  2. Les pays considérés ont pour la plupart fait preuve d’une assez grande rigueur dans la gestion de leur dépense publique, laquelle a connu une augmentation de 4,5 % par an en moyenne et en valeur, soit à peu près 2,5 % en volume.

Ainsi, la stratégie « centrale » pour réduire l’endettement public auquel nous serons confrontés dans l’après sassou est donc, en théorie, assez simple : générer une croissance économique (progression des recettes fiscales) relativement élevée en contrôlant l’évolution de la dépense publique. Ainsi, pour réduire notre « nouvelle » dette envers les pays d’Asie, nous n’aurons d’autres choix que de dégager progressivement un solde primaire positif. Ce qui ne peut se faire que de deux façons : augmenter les recettes ou diminuer la dépense.

Mais aussi : Réduire la dette grâce à la Constitution en créons une règle budgétaire contraignante au Congo. Pourquoi adopter une telle règle ? La stratégie dominante (et ce depuis le retour de sassou aux affaires) du système politique congolais consiste à faire payer aux générations futures nos baisses d’impôts ou nos augmentations de dépenses publiques.

La principale justification d’une telle règle consiste précisément à préserver les générations futures de cela. Sans règle contraignante, le Congo ne réussira pas à retrouver des finances publiques saines, même après sassou. Or, il sera très difficile pour le pays de maintenir sa crédibilité financière sans consolidation budgétaire majeure, alors que les grands pays s’y soumettent.

L’État congolais devra donc, dans un futur pas si éloigné, après sassou, entamer un processus résolu de diminution de la dépense publique. Pour que cette stratégie soit couronnée de succès, les principes qui la régiront doivent répondre à trois conditions :

– la baisse de la dépense publique doit être engagée pour longtemps et doit donc faire l’objet d’un consensus national ;

– la baisse de la dépense publique ne doit pas être nocive pour l’économie, mais doit, autant qu’il est possible, bénéficier au secteur privé pour que les emplois supprimés dans le secteur public soient transférés dans la sphère marchande ;

– enfin, la baisse de la dépense publique doit être présentée non pas comme une « réforme », mais comme un processus sur le long terme, indispensable pour que l’économie congolaise reste en croissance et ne connaisse pas d’accident majeur.

- La mise en place d’un programme de stabilité des finances publiques congolaises qui sera construit sur les trois piliers :

  • la lutte contre le chômage, la précarité et les inégalités (mesures d'urgence de soutien au pouvoir d'achat, sécurisation de l’emploi, soutien de l'emploi des jeunes et des seniors...) ;
  • la restauration de la compétitivité de nos entreprises perdue au cours des trente dernières années (simplification des procédures, réforme de la fiscalité pour les PME...) ;
  • la stratégie de redressement des comptes publics qui permet de financer les priorités du Gouvernement (enseignement, sécurité, justice et emploi) et garantit la préparation de l’avenir en réduisant le poids de la dette.

Il nous faudra, vis-à-vis de ces pays, nous déclarer en faillite afin de dénoncer cette endèttement opéré sans l'approbation du peuple congolais, afin de recouvrer toute notre souveraineté et la maîtrise de notre destin.

Commencer à mettre en œuvre ces dispositions constituerait une formidable assurance anticrise des finances publiques congolaise dans et pour l’après sassou. Il fait peu de doute que les Congolais, plus conscients de ces problèmes qu’on ne le pense, sauraient gré au gouvernement qui aura le courage de s’y atteler.

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