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Leader Politique - Foryblan Dash BAKOULA. K

Pour une nouvelle politique industrielle au Congo

18 Juin 2013 , Rédigé par Son Excéllence Foryblan Dash BAKOULA, Chargé de Mission, Travail, Emploi, Formation professionnelle, dialogue social, entrepeneuriat.

Le Congo doit changer de politique et faire de l'énergie une priorité. Il nous faut changer d'attitude concernant l'exploitation du potentiel congolais de GAZ, de bois, de pétrole, de potasse et autres richesses.

D’ailleurs, le vide sidéral des propos et propositions lors de la réception de Dénis Sassou-Nguesso face à ses supporters à l’hôtel Meurice de Paris, ou nous voyons que même lui-même est incapable de dire quelle est sa politique industrielle…en évoquant ce pseudo projet de maloukou est d'une vacuité sans nom...

Les politiques doivent se focaliser sur le commerce extérieur. Les Zones Economiques Spéciales (ZES) sont un leurre et ne sont pas les bonnes réponses. Nous sommes pour un modèle « industriel commercial ». Ce ne sont pas les métiers « régionaux » qui sont le plus touchés par la mondialisation, mais les métiers mondiaux. La montée des entreprises asiatiques représente une réelle menace pour notre compétitivité. Aujourd’hui, les chinois font tout chez nous au Congo. C’est INCONCEVABLE !

Nous devons nous concentrer sur les secteurs où nous pouvions être leader, des métiers que ni Internet ni la montée des marchés chinois ne pourraient venir bouleverser. La recherche et développement n’est pas bonne au Congo aujourd’hui. Pourtant, nous avons les têtes formés pour, mais non utilisés ou laisser pour compte.

Les ingénieurs congolais éparpillés à travers le monde travaillent aussi bien que ceux des pays émergents et occidentaux, mais ne veulent pas rentrés. Simplement, la différence de salaire est colossale, quand les entreprises européennes payent bien, au Congo on est payés aux lance-pierre et traités pas comme il le faut. Il faut inverser la tendance, redonner la priorité au producteur, à l'entreprise, à nos ingénieurs, nos diplômés bien formés. Il faut donc réorienter la politique industrielle du Congo pour améliorer la compétitivité et la croissance durable, en allant dans le sens d’appeler les talents.

Dénis Sassou-Nguesso et ses conseillers nullissimes pensent que nous sommes encore dans un monde dans lequel les sociétés se battent avec des règles du jeu semblables, mais nous sommes dans une concurrence entre États, et chaque pays possède comme force de frappe ses champions nationaux. Nous devons nous mettre au diapason si l’on veut être respecté. Ce n’est pas de courir résoudre les faux-conflits des autres Etats qui nous rendront crédible et compétitif industriellement et économiquement.

Nous devons crées les conditions pour avoir des champions dans l’industrie de demain, des entreprises privées qu'il faut inciter à innover, des entreprises solides qu'il faut réorienter vers les métiers du futur, par exemple par des accords de recherche avec les start-up et les PME, plus créatives et innovantes en occident, pour développer des projets crédibles à destination de l'exportation.

L’Etat congolais ne peut pas tout, mais il à une obligation de moyens. L'État ne sait pas gérer les entreprises, il doit avoir pour unique but d'être un État stratège, et fixer les conditions dans trois domaines essentiels. D'abord, la gouvernance, en mettant en place un modèle qui favorise l'actionnariat et les stratégies sur le long terme, pour ne pas laisser libre cours à la spéculation financière, qui fragilise les entreprises. Ensuite, l'innovation avec de grands programmes ambitieux pour les futurs champions industriels. Enfin, il faut favoriser le dialogue social en invitant les syndicats au conseil d'administration. Les travailleurs de l'entreprise doivent connaître les réalités vécues de la concurrence.

Par grands programmes d’innovation nous voulons ici exprimer qu’il ne faut pas avoir d'a priori dans le domaine de l'innovation, nous ne croyons pas au modèle de la start-up qui va devenir Google. Si la créativité est chez les start-up, le développement commercial - et donc l'exportation - demeure la force des grands groupes. Ils devront donc mettre en place des accords avec les PME et les start-up, qui profitent à la croissance du grand groupe mais aussi au développement des structures plus petites.

L'énergie est l'un des enjeux de la compétitivité industrielle.

Il y a deux choses à faire en matière d'énergie au Congo, moins coûteuses et plus efficaces que ce que propose le ministère de d’Henri Ossébi incapable actuellement. Il faut maintenir le développement de l'énergie des centrales thermiques et hydrauliques et développer le gaz, dont le prix de revient - comme pour le pétrole - laisse espérer une marge potentielle beaucoup plus importante que dans le domaine du bois. Il faut d'urgence mettre en place un démonstrateur pour décider de la bonne exploitation et gestion du Gaz congolais dans des conditions convenables.

C'est là que pourrait se trouver la croissance durable...à la manière du Quatar.

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