Quel Avenir au Congo ?
Pendant trente ans, rien n'a résisté à Dénis Sassou-Nguesso et à son clan. Il a dirigé le Congo sans réelle opposition, mis à genoux les généraux autrefois tout puissants et volontairement mis à terre l’éducation nationale, les réformes économiques et sociales qui devaient changés la vie des congolais et qui devaient changer aussi le visage du pays en même temps qu'elles lui ont permis de retrouver une influence sur la scène régionale.
Car Dénis Sassou-Nguesso semble victime de ce qui a été la recette même de ses « succès » électoraux: une approche sans concession, tribale et très personnelle du pouvoir, qui lui vaut aujourd'hui des accusations de dérive autoritaire jusque dans son propre camp.
Certains députés et responsables du parti congolais du travail (PCT), mais aussi de la majorité hétéroclite du RMP sont mécontents de la façon dont le pays est gérer (MCDDI, MAR, RDPS,etc). Le parti congolais du travail (PCT) qui a porté Dénis Sassou-Nguesso au pouvoir à la mort de Marien Ngouabi en laminant les vieux partis dits d’opposition sont minés par l'incompétence et la corruption.
C'est une situation sans précédent pour Dénis Sassou-Nguesso. Certains, au sein de sa majorité, pensent que sa politique doit être adoucie, être moins autiste, même s'ils restent fidèles à la discipline du parti et à Dénis Sassou-Nguesso lui-même. Et rien qu’à lui.
Ses velléités de monarchie semblent « atténuées » par l’attitude non-adéquate et l’absence du sens de l’état et de l’intérêt général et nationale de « ses poulains ». En dépit de cela, Dénis Sassou-Nguesso, lui, reste imperturbable.
Dénis Sassou-Nguesso prend toujours les choses personnellement, depuis le début de son parcours au sein du PCT. Il a développé un style très autoritaire.
Tous ceux qui connaissent bien Dénis Sassou-Nguesso soulignent à quel point le dirigeant congolais prend mal les critiques, et a sûrement mal digéré celles émanant des diasporas, des jeunes intéllectuels-lettrés pleins d’avenir politique au Congo sur la répression policière, le flicage, les intimidations, le chantage, l’autisme.
Cette fois, pourtant, le trouble est perceptible dans son propre camp. Malgré les milliards de FCFA déversés pour s’acheter, s’attirer les bonnes faveurs des populations congolaises, il sait que cela ne suffira pas à porter un de ses « futurs poulains » au pouvoir après lui….
Pour ses partisans comme pour ses adversaires, Dénis Sassou-Nguesso devrait tirer au moins une leçon de la situation actuel des congolais : il doit tenir compte des congolais qui n'ont pas voté pour lui, y compris ceux, membres de la classe moyenne ou des milieux d'affaires, qui le soupçonnent de vouloir faire accéder un de ses « rejetons » au pouvoir.
Pour l'heure, il n'y a pas péril en la demeure pour lui, ni pour eux, car il n'y a aucune personnalité en mesure de contester sérieusement son autorité au sein du PCT et du RMP, et aucune opposition structurée en face de lui (en tout cas surplace au Congo).
Mais la question de son avenir politique se posera bientôt, puisque la Constitution ne lui permet pas de rester à la tête du gouvernement au-delà de 2016.
Dénis Sassou-Nguesso escomptait jusqu'alors se glisser dans un costume de président retaillé à sa mesure, avec ses soi-disant velléités de modification constitutionnelle, d’ores et déjà atténuer par les puissances occidentales. Mais le régime présidentiel est loin de faire l'unanimité au Congo et si ce dernier sort trop affaibli du bras de fer actuel (de vouloir modifier la constitution, ou pousser un de ses rejetons à sa place), il pourrait se résoudre à tirer sa révérence. Lui et toute sa bande.
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